Arts martiaux japonais · Dojo Dardilly

L'aïkido face aux arts de saisie et aux arts de frappe

Judo, ju-jitsu, lutte d'un côté ; karaté, boxe et arts pieds-poings de l'autre. L'aïkido emprunte aux deux familles sans ressembler à aucune. Ce qu'un lutteur et une boxeuse découvrent en montant sur le tatami.

Résumer avec l'IA ChatGPT Claude Perplexity
Réponse rapide

L'aïkido contient des frappes, des saisies, des projections et des immobilisations, comme les arts de saisie et les arts de frappe. Ce qui change, c'est la façon de les relier : plutôt que de répondre à la force par la force, on apprend à se placer, à gérer la distance, à déséquilibrer et à guider le mouvement. Sans compétition, avec un partenaire.

Un adepte de la lutte pousse la porte du dojo. Des saisies, des déséquilibres, des gens qui tombent : « Ah, ça, je connais ! » Puis les repères se brouillent. Au moment où il veut s’accrocher, son partenaire pivote. Quand il essaie de pousser, il n’y a déjà plus personne en face. Le sol est toujours au programme, mais pour l’atteindre, il va falloir découvrir un autre itinéraire.

Une adepte du combat tente l’expérience à son tour. Premier étonnement : « Comment tu peux être aussi solide alors que tu bouges tout le temps ? » Deuxième surprise : au moment de frapper, le partenaire est hors de portée. « Mais reste là deux secondes ! » Et puis vient la rencontre avec le tatami, pas vraiment prévue dans ses habitudes. Au fil des séances, elle trouve ses marques : sa posture devient plus fluide, ses appuis restent solides et elle bouge sans se transformer en statue.

Deux aïkidokas en keikogi blanc au Dojo Dardilly : contact des avant-bras, au moment où l'attaque est reçue

L’aïkido : une autre façon de réagir à une attaque

Quand on découvre un art martial, on le compare souvent à ce que l’on connaît déjà. Si l’on a l’habitude des frappes, on cherche les coups. Si l’on pratique la lutte, on repère les saisies et les moyens de faire tomber.

En aïkido, on retrouve des frappes, des saisies, des projections et des immobilisations. Mais l’objectif est de les relier autrement : plutôt que de répondre à la force uniquement par la force, on apprend à se placer, à déséquilibrer et à guider le mouvement.

Cela ne veut pas dire que les autres disciplines utilisent seulement la force ! Chacune possède ses techniques et sa manière d’apprendre. Pour comprendre l’aïkido, il faut simplement découvrir la logique qui relie ses mouvements.

Pourquoi parle-t-on du sabre dans un art à mains nues ?

Même lorsqu’on pratique sans arme, le sabre aide à comprendre l’aïkido.

L’aïkido vient notamment des traditions du sabre japonais, mais aussi d’anciennes techniques de combat à mains nues. Ces deux héritages expliquent une partie de ses déplacements, de ses projections et de ses immobilisations.

Par exemple, une attaque de la main qui descend vers le sommet de la tête rappelle une coupe de sabre. Pour y répondre, on ne cherche pas simplement à arrêter le bras : on apprend à quitter le trajet de l’attaque et à se placer autrement.

Les saisies des poignets prennent aussi un autre sens avec cette origine. Saisir un poignet peut servir à contrôler une main qui pourrait tenir ou sortir une arme. Cela n’explique pas toutes les saisies, mais aide à comprendre pourquoi elles occupent une place importante dans la pratique.

Avec un sabre ou à mains nues, on retrouve donc des questions proches : où me placer ? À quelle distance ? Comment bouger sans m’exposer ?

Être stable sans rester bloqué : le shisei

En japonais, shisei désigne la posture, mais aussi l’attitude du corps. Ce n’est pas seulement avoir le dos droit : c’est se tenir de façon à pouvoir agir.

Dans notre pratique, nous cherchons à être stables sans nous raidir. Imagine que tu essaies de déplacer une chaise en gardant les pieds collés au sol : tu risques de tirer seulement avec les bras. En bougeant tes appuis et tout ton corps, tu peux agir autrement.

L’idée est similaire dans le travail proposé au dojo : ne pas tout faire avec les bras, mais apprendre à organiser son corps pendant le mouvement.

C’est ce qui étonne certains pratiquants venus des sports de frappe : ils sentent un partenaire bien ancré, mais qui ne reste pas planté sur place. Avec le temps, ils découvrent eux aussi cette possibilité de bouger sans perdre leur stabilité.

Gérer la distance : le ma-ai

Le ma-ai, c’est la distance entre les pratiquants, mais pas seulement. Il comprend aussi le temps nécessaire pour atteindre l’autre et l’angle depuis lequel une attaque peut arriver.

La question n’est donc pas simplement : « Est-ce que je suis assez loin ? » C’est aussi : « Est-ce que l’autre peut m’atteindre avant que je puisse réagir ? »

En aïkido, on apprend à ne pas rester là où la frappe arrive. Un déplacement peut permettre de sortir de son trajet, puis de trouver une position pour agir. Ce travail demande de l’entraînement : personne ne devient impossible à toucher !

Oui, il y a des frappes en aïkido

On imagine parfois que l’aïkido ne comporte aucun coup. Pourtant, les frappes, appelées atemi, font partie de la pratique.

Un atemi peut provoquer une réaction, gêner l’équilibre ou créer une ouverture pour réaliser une technique. Il rappelle également qu’une personne dont on tient le poignet peut encore avoir la possibilité de frapper.

Au dojo, ces frappes doivent être contrôlées. Leur présence permet de garder le sens de l’exercice : on ne fait pas seulement un mouvement à deux, on apprend à répondre à une situation où une attaque est possible.

Transformer la violence plutôt que l’amplifier

Le projet de l’aïkido est de transformer la confrontation.

Cela signifie chercher une autre réponse que : « Tu me pousses, donc je pousse plus fort » ou « Tu me frappes, donc je frappe plus fort ».

À l’entraînement, on apprend à quitter le trajet de l’attaque, à prendre contact et à guider le mouvement vers une projection ou une immobilisation. L’intention est de mettre fin à l’action sans chercher à détruire l’autre.

C’est ce que nous appelons construire un « chemin commun ». Au départ, les deux personnes sont en opposition. Le travail consiste à transformer cette opposition en un mouvement qui les relie, jusqu’à une chute ou un contrôle au sol.

Cela ne veut pas dire qu’une agression devient facile à gérer. C’est une direction de travail : apprendre à se protéger en gardant autant que possible le contrôle de ses gestes.

Apprendre sans chercher à gagner contre son partenaire

Dans la majorité des courants d’aïkido, il n’y a pas de compétition. Il existe toutefois des écoles qui en organisent.

Dans notre approche, le partenaire n’est donc pas quelqu’un qu’il faut battre pour obtenir une médaille. C’est quelqu’un avec qui l’on progresse.

Cela change les questions que nous nous posons pendant la séance :

La maîtrise de soi devient alors quelque chose de concret. Nous la travaillons dans nos réactions, dans la force que nous utilisons et dans l’attention portée au partenaire.

L’enjeu n’est pas de devenir passif ni de laisser tout faire. C’est d’apprendre à agir avec fermeté, sans perdre le contrôle de soi.

Les grandes familles en un coup d'œil

Repères d'après Wikipédia (consulté le 20 octobre 2026).
DisciplineOrigineCe qu'on y travailleCompétition
JudoJapon, 1882 (Jigorō Kanō)Projections, contrôle et étranglements au solOui, olympique depuis 1964
Ju-jitsu, jiu-jitsu brésilienJapon (époque d'Edo), puis Brésil (famille Gracie)Clés, étranglements, combat au solOui
LutteTrès ancienne, olympique dès 1896Corps à corps, amener au sol, tenir les épaules au tapisOui
KaratéOkinawa, XIXe et XXe sièclesCoups de poing, coups de pied, katasOui, olympique à Tokyo en 2021
Boxes pieds-poingsDiverses (boxe anglaise, française, thaïe...)Frappes, esquives, enchaînementsOui
AïkidoJapon, 1925 à 1969 (Morihei Ueshiba)Esquives, projections, clés et immobilisations, chutesNon, pas de compétition

Où essayer l'aïkido à Dardilly ?

Au Dojo Dardilly, l'aïkido se pratique au Complexe sportif du Moulin Carron : le lundi de 12h30 à 13h30 pour les adultes, le mardi de 18h15 à 19h15 et le jeudi de 20h à 21h15 pour les ados (dès 12 ans) et les adultes. Le dojo est jumelé avec le Dojo Aïkido Ecully : avec une seule cotisation, on peut aussi suivre les cours du mercredi soir et du samedi matin à Ecully. Les cours sont donnés par Alina Servillat, 2e Dan affiliée à l'International School of Traditional Aikido, sans esprit de compétition.

Cours d'aïkido au Dojo Dardilly : une pratiquante projette son partenaire, qui chute sur le tatami

La première semaine est offerte, sans engagement et sans matériel à acheter à l'avance. Pour savoir comment se passe une première séance, lis un cours d'essai au Dojo Dardilly, à quoi ça ressemble vraiment. Le mieux reste de sentir la différence sur le tatami.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre l'aïkido et le judo ?

Les deux viennent du ju-jitsu japonais. Le judo, créé en 1882 par Jigorō Kanō, est devenu un sport olympique en 1964 : on y cherche à projeter l'adversaire et à le contrôler au sol, en compétition. L'aïkido, fondé par Morihei Ueshiba, n'a pas de compétition : on y neutralise une attaque en utilisant son énergie, sans chercher à gagner.

Y a-t-il des coups dans l'aïkido ?

Oui, mais ils sont surtout travaillés comme des attaques à recevoir : coups portés de haut en bas ou de côté, coups de poing. On apprend à sortir de leur ligne et à entrer au bon moment. Les frappes de l'aïkido (atemi) servent à déséquilibrer ou à ouvrir une technique, pas à marquer des points.

Est-ce qu'on va au sol en aïkido ?

On y apprend à chuter sans se faire mal, en avant comme en arrière, et beaucoup de techniques finissent par une immobilisation au sol. Mais il n'y a pas de combat au sol comme en judo, en ju-jitsu brésilien ou en lutte : le sol est un endroit où l'on apprend à arriver et d'où l'on apprend à se relever.

L'aïkido a-t-il des compétitions ?

La plupart des écoles d'aïkido, dont celle du Dojo Dardilly, n'organisent pas de compétition. C'est un choix du fondateur : on progresse avec un partenaire, pas contre un adversaire. Les passages de grades jalonnent la progression.

Peut-on commencer l'aïkido quand on vient du judo, du karaté ou de la boxe ?

Oui, et c'est fréquent. Un judoka retrouve les chutes et les projections, un karatéka ou un boxeur la gestion de la distance. Chacun garde ses repères et découvre une autre façon de recevoir une attaque. Au Dojo Dardilly, la première semaine d'essai est offerte.

À lire aussi

Pour découvrir les principes et l'enseignante : l'aïkido traditionnel à Dardilly. Pour démonter les clichés : cinq idées reçues sur l'aïkido. Pour une autre comparaison, entre arts martiaux chinois cette fois : tai chi chuan, gong fu : deux arts, un même chemin. Pour croiser les pratiques, le stage Shaolin Foundations à Dardilly, les 31 octobre et 1er novembre, ouvert aux pratiquants de tous les arts martiaux. Et pour franchir le pas : la semaine d'essai offerte.

Texte : Alina Servillat, enseignante au Dojo Dardilly. Repères du tableau : Wikipédia, articles « Aïkido », « Morihei Ueshiba », « Judo », « Ju-jitsu », « Jiu-jitsu brésilien », « Lutte » et « Karaté » (consultés le 20 octobre 2026) ; page Aïkido du site pour les horaires.

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Au Dojo Dardilly, on accueille débutants et pratiquants de tous niveaux. Pas besoin d'expérience martiale, pas besoin d'être sportif. Première semaine offerte, sans engagement.