Témoignage · Partie 2 · Dojo Dardilly

Ce que l'aïkido a changé dans ma confiance en moi

Il y a ceux qui doutent, et ceux qui pensent déjà savoir. Ces derniers ont parfois le chemin le plus long à parcourir, car leur assurance apparente cache souvent une difficulté à lâcher prise.

Résumer avec l'IA ChatGPT Claude Perplexity
Réponse rapide

Arriver sur le tatami avec de l'assurance ne veut pas dire avoir vraiment confiance en soi. C'est parfois une façon de ne pas montrer ses limites. L'aïkido apprend une autre force : celle qui vient du lâcher-prise, de l'écoute et de la capacité à se relever, plutôt que de la résistance systématique.

Quand j'ai commencé l'aïkido, je pensais avoir confiance en moi. J'étais engagée, volontaire, plutôt sportive. J'aimais comprendre vite, réussir rapidement et sentir que je maîtrisais ce que je faisais. Sur le tatami, je m'investissais pleinement. Peut-être même un peu trop. Avec le recul, je comprends que cette assurance n'était pas toujours de la vraie confiance en soi. C'était parfois une manière de ne pas montrer mes limites.

Au début, je voulais être forte

Lors de mes premières années de pratique, je voulais bien faire. Mais, derrière cette intention très normale, il y avait parfois autre chose : le besoin de montrer que j'étais capable.

Quand une partenaire me saisissait, mon réflexe était de résister. Quand une technique ne fonctionnait pas, j'essayais plus fort. Quand je chutais, je me relevais rapidement, presque comme pour dire : « Ce n'est rien. »

Je croyais que la force se trouvait là : dans la résistance, dans le contrôle, dans le fait de ne pas céder. Je voulais être solide. Mais, sur le tatami, être solide ne signifie pas devenir rigide. Et c'est une différence que j'ai mis du temps à comprendre.

Le tatami ne laisse pas longtemps tricher

L'aïkido a quelque chose de particulier : il met rapidement en lumière ce que l'on porte en soi. On peut masquer beaucoup de choses dans la vie quotidienne. On peut parler avec assurance, avoir une posture convaincante, se montrer compétente ou prendre naturellement de la place.

Mais lorsqu'une personne vous saisit, vous pousse, vous déséquilibre ou attaque avec intensité, le corps répond avant les mots. Le mien se tendait. Mes épaules montaient, ma respiration se bloquait. Je cherchais à contrôler le mouvement au lieu de l'écouter. Si je n'arrivais pas à faire une technique, j'ajoutais de la force. Si ma partenaire résistait, je résistais davantage.

Le résultat était souvent simple : je me fatiguais. Et plus je forçais, moins mon aïkido devenait fluide.

Recevoir la saisie plutôt que la combattre : le premier réflexe à désapprendre.

La leçon difficile : lâcher n'est pas perdre

L'une des leçons les plus difficiles que l'aïkido m'a apportées est aussi l'une des plus utiles : lâcher ne veut pas dire abandonner.

Au début, accepter de céder me semblait dangereux. J'avais l'impression que si je ne résistais pas, je perdais. Que si je chutais, je montrais une faiblesse. Que si je demandais de l'aide, je prouvais que je n'étais pas à la hauteur.

Mais le dojo est un cadre particulier. Il est codifié. Les attaques y sont travaillées avec attention. Les partenaires s'entraînent pour progresser ensemble. On peut essayer, rater, recommencer. On peut chuter sans que ce soit un échec. On peut ralentir sans avoir honte.

Progressivement, j'ai appris à recevoir une technique. À accepter d'être déséquilibrée. À laisser mon corps bouger plutôt que de l'utiliser comme un mur. Cela n'a pas fait disparaître ma détermination. Au contraire : cela l'a rendue plus utile.

Une autre manière d'être puissante

L'aïkido m'a appris que la puissance ne vient pas uniquement de la force brute. Elle vient aussi du déplacement, du timing, de la respiration, de la posture et de l'attention portée à l'autre.

Lorsqu'on cesse de vouloir s'opposer frontalement, on commence à percevoir l'énergie qui arrive. On peut se décaler au lieu de bloquer. Guider au lieu d'écraser. Trouver un chemin là où l'on croyait qu'il fallait lutter.

Cette idée a transformé ma pratique. Je ne cherchais plus seulement à réussir une technique. J'essayais de comprendre ce qui rendait le mouvement juste : mon axe, ma stabilité, mon relâchement, ma capacité à rester présente malgré la pression.

J'ai découvert que je pouvais être forte sans être dure. Déterminée sans être fermée. Engagée sans vouloir dominer.

Du dojo de Dardilly à la vie quotidienne

Avec le temps, cette évolution ne s'est pas arrêtée au bord du tatami. Au dojo à Dardilly, chaque cours d'aïkido est devenu pour moi un espace concret d'apprentissage. La pratique régulière, le travail avec des partenaires différentes et la répétition des mouvements m'ont permis de repérer les réflexes que je retrouvais aussi en dehors du dojo : vouloir convaincre à tout prix, répondre trop vite à une critique, chercher à garder le contrôle dans une situation inconfortable ou considérer une difficulté comme quelque chose qu'il fallait vaincre immédiatement.

L'aïkido à Dardilly ne m'a pas rendue passive. Il ne m'a pas appris à éviter les conflits. Il m'a appris à ne pas répondre automatiquement par davantage de tension.

Dans une discussion difficile, je peux davantage écouter avant de réagir. Face à une erreur, je peux reconnaître ce qui n'a pas fonctionné sans avoir besoin de me justifier immédiatement. Dans une relation ou un projet, je peux chercher une solution plutôt qu'un rapport de force.

C'est là que j'ai compris quelque chose d'important sur le développement personnel. La maturité ne consiste pas à imposer sa force partout. Elle consiste à savoir quand agir, quand se déplacer, quand relâcher et comment rester alignée avec soi-même.

Lâcher ne veut pas dire abandonner.

Une confiance en soi plus silencieuse

Aujourd'hui, ma confiance en moi n'a plus tout à fait le même visage. Elle est moins liée au besoin de prouver que je suis compétente, forte ou capable. Elle est davantage liée à la certitude que je peux apprendre, me tromper, tomber et recommencer.

Je ne cherche pas toujours à être celle qui maîtrise le mieux la situation. J'essaie plutôt d'être disponible à ce qui se passe. Cela demande de l'humilité. Cela demande aussi beaucoup de pratique.

Car le réflexe de résistance revient facilement, surtout lorsqu'on se sent jugée, bousculée ou mise en difficulté. Mais l'aïkido offre un espace rare pour l'observer, le travailler et le transformer, séance après séance.

Ce que je retiens après ces années de pratique

Je suis arrivée sur le tatami avec une forme de surconfiance. Je pensais que ma force était de ne pas céder.

L'aïkido m'a progressivement montré qu'une force plus profonde existe : celle qui permet de rester calme quand la pression monte, de tomber sans perdre sa dignité, d'écouter sans s'effacer et de s'affirmer sans écraser.

C'est peut-être cela, la vraie confiance en soi. Ne plus avoir besoin de prouver sa puissance. Mais savoir que l'on peut faire face, avec un corps stable, un esprit ouvert et la capacité de transformer l'énergie qui vient vers nous.

Questions fréquentes sur confiance en soi et lâcher-prise

Comment l'aïkido apprend-il à lâcher prise sans se sentir en échec ?

En proposant un cadre sécurisé où l'on peut céder, chuter et recommencer sans que ce soit vécu comme un échec. Le dojo est codifié : les partenaires progressent ensemble, l'erreur fait partie de l'apprentissage, et lâcher prise devient une compétence qu'on travaille, pas une faiblesse qu'on subit.

Faut-il déjà être sûr de soi pour progresser en aïkido ?

Non, c'est même souvent l'inverse. Beaucoup de pratiquants arrivent avec une assurance qui masque en réalité leurs limites. L'aïkido ne demande pas d'être déjà sûr de soi : il offre un espace où cette question se travaille concrètement, dans le corps.

Les effets ressentis sur le tatami se retrouvent-ils dans la vie quotidienne ?

Oui. Ce qui se travaille sur le tatami, comme écouter avant de réagir ou ne pas répondre systématiquement par la tension, se retrouve dans les discussions difficiles, au travail ou dans une relation, une fois que le corps a intégré ce réflexe.

Qu'est-ce qui différencie la confiance en soi de la surconfiance ?

La surconfiance pousse à résister, à forcer, à vouloir prouver qu'on maîtrise. La vraie confiance en soi vient de la certitude qu'on peut apprendre, se tromper, tomber et recommencer, sans avoir besoin de le démontrer en permanence.

À lire aussi

Cet article fait suite au témoignage confiance en soi : ce que le tatami apprend à ceux qui n'osent pas encore. À lire aussi : ce que l'aïkido change dans la gestion du stress, et discipline et liberté, ce que le shisei apprend du corps.

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