Témoignage · Pilier Dojo

Dojo : la place où je pratique la Voie

Quand je franchis la porte du dojo Dardilly, je n'entre pas dans une simple salle de sport. Je reviens dans un lieu qui, depuis plus de quinze ans, m'apprend à mieux habiter mon propre corps, mes émotions et ma vie quotidienne.

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Dojo signifie litteralement "le lieu de la Voie". Ce n'est pas le batiment qui fait le dojo : c'est le rituel d'entree, le sas qui separe l'agitation de la journee du tatami, et la meditation en seiza avant chaque cours, un temps de check-in corporel pour sentir dans quel etat on arrive. Repete seance apres seance, ce reflexe finit par apparaitre aussi en dehors du dojo : au bureau, dans les transports, en reunion.

Sur le papier, ce n'est qu'un gymnase municipal, des tatamis posés au sol comme dans n'importe quel club d'arts martiaux. Mais pour moi, c'est autre chose : c'est l'endroit où je viens passer de « faire » et « penser » à « sentir ».

Ce que veut vraiment dire « dojo »

Le mot dojo vient du japonais dō (la voie) et jō (le lieu). Littéralement : « le lieu de la Voie ». À l'origine, ce mot ne désigne même pas un lieu de combat, mais l'espace dans les temples bouddhistes où l'on pratiquait la méditation pour se rapprocher de l'éveil. C'est seulement ensuite que ce terme a été adopté par les arts martiaux, puis par l'aïkido, pour parler de l'endroit où l'on étudie une voie de transformation, à la fois physique, mentale et spirituelle.

Quand je parle de dojo Dardilly, je pense donc à cette filiation : un lieu de pratique, oui, mais surtout un lieu d'éveil, où chaque séance est une petite marche sur un chemin intérieur.

Le « sas » du dojo : laisser la journée à la porte

Concrètement, notre dojo n'a rien d'un temple traditionnel japonais. C'est le complexe sportif du Moulin Carron, la même salle qui accueille un match de basket le week-end. Ce qui le transforme en dojo, ce n'est pas le bâtiment. C'est la manière dont on y entre et on pratique.

Pour moi, ce moment commence bien avant le premier salut. Je pousse la porte, je salue, j'enlève mes chaussures, je pose mon sac toujours au même endroit. À force, ce petit rituel est devenu un véritable « sas » : un passage entre l'agitation de la journée (les mails, les réunions, les dossiers, les notifications) et un espace où tout cela peut rester dehors.

Dans ce sas, je décide ce que je laisse rentrer avec moi sur le tatami, et ce que je dépose à la porte. Au fil des années, ce simple geste m'a donné plus de maîtrise sur l'impact des événements de la journée : je ne peux pas contrôler ce qui m'arrive, mais je peux choisir ce que j'emmène avec moi sur le tatami, et ce que je refuse de laisser diriger ma pratique, ou ma soirée.

La méditation du début de cours : « corps, comment vas-tu aujourd'hui ? »

Une fois assise en seiza, le cours n'a pas vraiment commencé. Pour moi, c'est le moment le plus précieux. Au début, je t'avoue qu'il y avait d'abord le mal de genoux, surtout lors des premières séances. Mais aujourd'hui, ce temps de silence est devenu une vraie conversation intérieure.

Pratiquants assis en seiza sur le tatami à Dardilly, mains posées sur les genoux, avant le début du cours d'aïkido
Le silence de la seiza, juste avant le premier salut

C'est là que je peux demander à mon corps : « Comment vas-tu aujourd'hui ? » Je scanne calmement mes épaules, souvent trop tendues après des heures devant l'ordinateur, ma mâchoire, parfois serrée par le stress, et le bas du dos, un peu raide après une journée rythmée par les réunions.

Ce check-in corporel me permet de commencer la pratique en sachant dans quel état j'arrive. Je ne suis plus seulement « dans ma tête », en mode projets, to-do list, stratégie. Je reviens à mon principal outil de travail : mon corps.

Avec le temps, j'ai remarqué un effet très concret dans ma vie quotidienne : plus je prends l'habitude, ici au dojo, de me demander « comment va mon corps ? », plus ce réflexe apparaît aussi ailleurs, au bureau, dans les transports, en réunion.

Le dojo Dardilly devient alors un laboratoire où j'apprends à être plus connectée à mes sensations, pour ensuite les emmener avec moi hors du tatami.

Questions fréquentes sur le dojo

Que signifie vraiment le mot "dojo" ?

Dojo vient du japonais dô (la voie) et jô (le lieu) : littéralement, « le lieu de la Voie ». À l'origine, ce mot désignait l'espace dans les temples bouddhistes où l'on pratiquait la méditation. Il a ensuite été adopté par les arts martiaux, puis par l'aïkido, pour parler d'un lieu d'étude à la fois physique, mentale et spirituelle.

Pourquoi le dojo Dardilly n'est-il pas un lieu traditionnel japonais ?

Le dojo Dardilly se pratique dans le complexe sportif du Moulin Carron, la même salle qui accueille un match de basket le week-end. Ce n'est pas le bâtiment qui fait le dojo, mais la manière dont on y entre et dont on y pratique : le rituel d'entrée, le salut, le sas entre l'agitation de la journée et l'espace du tatami.

À quoi sert la méditation en seiza en début de cours ?

La position assise en seiza, avant le premier salut, est un temps de check-in corporel : on scanne calmement ses épaules, sa mâchoire, le bas du dos, pour savoir dans quel état on arrive avant de commencer la pratique. Ce réflexe, répété séance après séance, finit par apparaître aussi en dehors du dojo.

Faut-il être souple pour s'asseoir en seiza ?

Non. Il est courant d'avoir mal aux genoux lors des premières séances en seiza. Cette gêne s'atténue avec la pratique régulière, et ce temps de silence devient progressivement un moment précieux plutôt qu'une contrainte.

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